La plus grande application de livraison de repas du Brésil, dont les livreurs à la tâche peuvent payer des frais hebdomadaires pour accéder à un réseau de vélo-partage partenaire au lieu d'acheter ou d'entretenir leurs propres vélos.

iFood a parié que subventionner l'accès à un réseau de vélo-partage tiers, avec des trajets plus courts pour les abonnés, augmenterait les revenus des livreurs sans qu'ils possèdent de vélo.

iFood a lancé iFood Pedal en octobre 2020, permettant aux livreurs de payer jusqu'à 32 reais (environ 6,66 dollars) par semaine pour deux sessions de vélo-partage de quatre heures par jour sur le réseau de Tembici dans six grandes villes brésiliennes (São Paulo, Rio de Janeiro, Salvador, Porto Alegre, Brasília et Recife), en échange de trajets de livraison plus courts, plus centralisés — et plus lucratifs.

Les livreurs se sont inscrits en grand nombre parce qu'iFood paie à la livraison, et non à la distance, de sorte que les trajets optimisés de Pedal leur permettaient de gagner plus en moins de temps ; certains livreurs ont aussi invoqué un risque de vol et d'entretien plus faible que s'ils possédaient un vélo. La demande a rapidement dépassé l'offre de Tembici, en particulier pour les vélos électriques — le propre rapport d'iFood d'octobre 2022 reconnaissait que seulement 2 500 vélos électriques étaient disponibles pour 18 000 livreurs inscrits. La pénurie a produit des tensions récurrentes aux stations d'accueil, notamment des bousculades signalées et, selon les livreurs, des violences physiques et des arrestations. Tembici a triplé le prix de son abonnement hebdomadaire en octobre 2022 sans remédier à ce que les livreurs décrivaient comme un mauvais entretien des vélos, et certains livreurs ont commencé à contourner le système — en engageant et en stationnant un vélo pour paraître en règle tout en livrant en réalité avec leur propre vélo ou moto.

À la date du reportage de juillet 2023, la pénurie de vélos sous-jacente restait non résolue : l'avantage avait mesurablement augmenté les revenus individuels des livreurs, mais il avait aussi transformé l'accès aux vélos en une source récurrente de conflits — y compris des violences signalées — parmi les mêmes travailleurs à la tâche qu'il était censé aider, sans qu'iFood ou Tembici n'annonce de solution.

Le paiement à la livraison plutôt qu'à la distance signifiait que les meilleurs trajets de Pedal se traduisaient directement par des revenus plus élevés pour les livreurs, ce qui a entraîné des inscriptions rapides et nombreuses.

iFood a étendu l'avantage à davantage de livreurs sans augmenter l'offre de vélos de Tembici au même rythme, en particulier pour les vélos électriques, plus populaires.

Une ressource partagée et à capacité limitée (les vélos aux stations d'accueil) a transformé un bénéfice individuel en une concurrence entre livreurs pour les mêmes vélos physiques aux heures de pointe.

L'augmentation de prix de Tembici répondait à sa propre économie mais n'ajoutait pas de vélos ni n'améliorait l'entretien, de sorte qu'elle n'a pas atténué la pénurie pour laquelle les livreurs se disputaient.

Subventionner l'accès à une ressource partagée et finie sans en contrôler l'offre peut transformer un avantage de fidélisation en une concurrence à somme nulle entre les travailleurs mêmes qu'il est censé récompenser.

Au 2023-07-13, iFood Pedal fonctionnait toujours dans ses six villes avec 18 000 livreurs inscrits, et la pénurie de vélos — ainsi que les conflits entre livreurs qu'elle a produits — restait un problème reconnu mais non résolu.

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Les sources

  1. iFood's Pedal program is causing a bike shortage and fights Rest of World · restofworld.org ·